CRPE 2026 : l’effet bac+3
Mis à jour le 23.02.26
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Le ministère de l’Éducation nationale a publié en janvier le nombre d’inscriptions au CRPE 2026 par concours et par académie. Premier constat : une hausse importante du nombre total d’inscriptions.
Hors concours supplémentaire et concours interne exceptionnel, le nombre d’inscriptions s’élève à 102 099, contre 61 910 en 2025. Cette augmentation s’explique notamment par la possibilité, cette année, de s’inscrire aux concours externes à bac+3 et à bac+5. Cette double voie d’accès sera également maintenue pour la session 2027.
Selon le Ministère, la proportion de doubles inscriptions est significative :
- 33 % au concours externe bac+3
- 43 % au concours externe bac+5
Ces chiffres invitent à la prudence dans l’analyse globale des données.
Un concours à bac+3 qui attire
Dans une large majorité des académies, le concours externe bac+3 enregistre plus d’inscriptions que le concours externe 2025, avec une augmentation moyenne de 13,6 %.
À l’inverse, toutes les académies connaissent une baisse des inscriptions au concours externe bac+5, avec une diminution moyenne de 12 % par rapport à 2025.
L’ouverture du concours à bac+3 semble donc avoir attiré un nouveau vivier de candidats et candidates. Elle traduit aussi des arbitrages individuels : possibilité de se présenter plus tôt, nombre de places potentiellement plus important, ou encore stratégie de double inscription.
Forte baisse des inscriptions aux 2nd concours interne et 3e voie
La situation est plus préoccupante du côté des autres voies de recrutement.
Par rapport à 2025 :
- le 2nd concours interne enregistre une baisse de 23,9 % des inscriptions ;
- le concours 3e voie connaît une baisse de 23,5 %.
Pour se présenter au 2nd concours interne, il faut être titulaire d’une licence. Il est donc probable qu’un nombre important de candidat·es ait choisi de se présenter au concours externe bac+3, d’autant plus si le nombre de places offertes y est plus important. Cette même logique peut expliquer la baisse de près d’un quart des inscriptions au concours 3e voie.
Malgré les multiples demandes de la FSU-SNUipp, le ministère n’a toujours pas communiqué le nombre de places offertes pour ces deux concours. Pour mémoire, entre 2024 et 2025, le nombre de places avait déjà diminué de 13 % pour le 2nd concours interne et de 14 % pour le concours 3e voie.
Cette absence de transparence interroge fortement.
La situation particulière de Mayotte
À Mayotte, le concours de recrutement était déjà accessible à bac+3. Cette année, le nombre d’inscriptions y est en baisse de 14 %.
Dans le même temps, Mayotte est la seule académie où le nombre d’inscriptions au 2nd concours interne augmente, alors même que le nombre de places à ce concours diminue depuis trois ans.
Par ailleurs, le MEN a ouvert cette année un concours interne exceptionnel, réservé aux contractuel·les et accessible dès bac+2.
Prudence dans l’analyse
Depuis dix ans, au maximum 40 % des inscrit·es se présentent effectivement aux épreuves. Le nombre d’inscriptions ne reflète donc qu’imparfaitement le nombre réel de candidat·es.
Il faudra attendre la publication des chiffres de présence aux épreuves pour disposer d’une analyse plus fine et mesurer l’impact réel de la réforme du concours.
Pour la FSU-SNUipp, ces premières données confirment que l’attractivité du métier reste fragile et que les choix opérés par le ministère doivent s’accompagner de mesures ambitieuses en matière de formation, de conditions de travail et de rémunération si l’on veut garantir un recrutement à la hauteur des besoins de l’École publique.